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Où sont les médecins secteur 3 ? La géographie du déconventionnement en France

6 min de lecture
Carte de France stylisée posée sur un bureau, épingles teal marquant des villes, lumière chaude

Les 1 321 médecins non conventionnés recensés dans l'open data de l'Assurance maladie (extraction du 20 juillet 2026) dessinent une géographie en trompe-l'œil : Paris concentre 23 % des 1 798 praticiens secteur 3 toutes professions confondues, et l'Île-de-France 36 %, mais 56,7 % des médecins hors convention exercent en zone sous-dotée selon le Sénat. Le déconventionnement n'est pas qu'un phénomène de centre-ville.

MonPS publie la première carte de France des praticiens secteur 3, construite département par département à partir des données officielles et régénérée chaque mois. Voici ce qu'elle raconte : une France du déconventionnement à deux visages, plus surprenante que les idées reçues. Si le vocabulaire vous manque encore, commencez par les différences entre secteur 1, secteur 2 et secteur 3.

Quels départements concentrent les praticiens secteur 3 ?

Cinq départements dominent nettement le classement, d'après l'extraction du 20 juillet 2026 :

  • Paris : 415 praticiens non conventionnés, dont 309 médecins ;
  • Hauts-de-Seine : 90 ;
  • Rhône : 76 ;
  • Yvelines : 59 ;
  • Bouches-du-Rhône : 58.

Paris pèse à lui seul 23,1 % des effectifs nationaux, soit plus que les quatre suivants réunis. Élargie à ses huit départements, l'Île-de-France regroupe 650 praticiens, 36,2 % du total. Viennent ensuite les métropoles régionales : Lyon, Marseille, Nice, et leurs couronnes. La page de chaque département liste les praticiens concernés, fiche par fiche.

Cette concentration a une explication économique simple : des honoraires entièrement libres supposent une patientèle capable de les payer sans remboursement, ce que notre article sur le coût réel d'une consultation secteur 3 chiffre en détail.

Le bas du classement est tout aussi parlant : 54 départements comptent moins de dix praticiens non conventionnés, et 28 en comptent moins de cinq. La Creuse et la Meuse n'en recensent qu'un seul, la Lozère deux. Autrement dit, dans plus de la moitié du pays, le secteur 3 se compte sur les doigts d'une main. Pour un patient qui cherche une spécialité précise hors convention, la réalité pratique est donc souvent le département voisin ou la téléconsultation, bien plus que la concurrence entre praticiens locaux.

Pourquoi plus de la moitié exercent-ils pourtant en zone sous-dotée ?

C'est le chiffre qui casse l'image d'une « médecine de beaux quartiers » : selon un décompte du Sénat, 56,7 % des médecins non conventionnés exercent en zone sous-dotée. Les deux réalités coexistent sans se contredire : les gros bataillons urbains d'un côté, et de l'autre une majorité de praticiens dispersés dans des territoires en tension, à raison de quelques-uns par département.

Dans ces zones, le déconventionnement répond à une autre logique : là où les patients attendent des mois pour un rendez-vous, un médecin qui sort de la convention conserve sa patientèle malgré le non-remboursement, parce que l'alternative n'est pas un confrère conventionné disponible, mais pas de médecin du tout. Notre annuaire le confirme : 98 des 101 départements français comptent au moins un praticien non conventionné.

La spécialité joue aussi. Les médecins généralistes forment 75,8 % des médecins secteur 3 (1 001 praticiens), et c'est en médecine générale que la sous-dotation est la plus documentée. Les spécialités les plus urbaines, psychiatres (82) et dermatologues (58) en tête, suivent au contraire la carte des métropoles.

Combien de médecins secteur 3 la France compte-t-elle vraiment ?

Entre 800 et 1 350 selon les sources, et l'écart lui-même est instructif : environ 800 selon un décompte du Sénat en 2025, 927 selon la CNAM en 2024, 1 126 selon la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026, 1 347 selon le syndicat Médecins Secteur 3. Notre extraction de l'open data en recense 1 321 au 20 juillet 2026. Les différences tiennent aux dates et aux périmètres : actifs ou non, remplaçants inclus ou non, professions mêlées ou non.

Toutes les sources convergent en revanche sur la tendance : la hausse est régulière depuis 2021, et 28 % des médecins interrogés par le syndicat Jeunes Médecins en novembre 2025 (enquête non représentative, environ 1 900 répondants) déclaraient envisager le déconventionnement. Notre synthèse complète des chiffres des médecins non conventionnés compare les décomptes source par source.

Comment ces chiffres sont-ils construits ?

Tout part d'une source unique et officielle : l'Annuaire santé de l'Assurance maladie, publié en open data sous licence ouverte 2.0 et actualisé en continu par la CNAM. Nous en extrayons chaque mois les professionnels dont le statut conventionnel est « non conventionné », en excluant les praticiens sous interdiction d'exercer. Un praticien qui exerce dans plusieurs cabinets est compté dans chaque département où il consulte, mais une seule fois dans les totaux nationaux.

Trois limites méritent d'être connues avant de citer ces décomptes. D'abord, les praticiens qui ont exercé leur droit d'opposition à la publication de leurs données n'apparaissent pas dans la source, donc pas dans nos chiffres. Ensuite, l'open data reflète le statut administratif enregistré par les caisses, avec un délai possible entre un changement réel et sa publication. Enfin, nos 1 798 praticiens couvrent toutes les professions de santé : pour comparer avec les décomptes du Sénat ou de la CNAM, qui ne parlent que des médecins, c'est le chiffre de 1 321 qu'il faut retenir.

C'est aussi ce qui rend ces données robustes : même source, même filtre, même méthode chaque mois. Les évolutions que la carte montrera dans le temps seront de vraies évolutions du terrain, pas des artefacts de méthode.

La carte va-t-elle bouger avec la réforme de 2027 ?

C'est la grande inconnue, et elle se lira sur cette carte. Au 1er janvier 2027, les prescriptions des médecins non conventionnés ne seront plus remboursées (article 76 de la LFSS 2026) : environ 1,1 million de patients sont concernés d'après les débats parlementaires. Deux scénarios s'opposent : un reflux des déconventionnements les plus fragiles économiquement, ou au contraire une accélération portée par les 28 % de médecins qui disent y penser.

Les exercices les plus résilients seront ceux où l'ordonnance remboursée pèse peu : santé mentale, prévention, second avis. La géographie pourrait donc se déformer par spécialité plus que par région. C'est exactement pour documenter ce basculement que la carte MonPS est régénérée chaque mois : mêmes sources, même méthode, chiffres comparables d'un mois sur l'autre.

Comment utiliser ces données près de chez soi ?

Trois outils, tous gratuits et construits sur l'open data officiel : la carte de France du secteur 3 pour visualiser votre département, l'annuaire complet pour la liste des praticiens et leurs coordonnées, et les pages par spécialité pour chercher un profil précis. Chaque fiche indique le statut conventionnel officiel et la date d'extraction des données ; notre guide pour trouver un médecin secteur 3 donne la méthode complète, recoupements compris.

Journalistes, chercheurs, élus : ces décomptes sont librement citables avec mention de la source (Assurance maladie, licence ouverte 2.0) et un lien vers la carte ; écrivez-nous pour toute question de méthode. Et pour être averti quand MonPS ouvrira la recherche par honoraires et la prise de rendez-vous, rejoignez la liste d'attente.

Questions fréquentes

Quels départements comptent le plus de praticiens non conventionnés ?

Paris arrive largement en tête avec 415 praticiens non conventionnés recensés, devant les Hauts-de-Seine (90), le Rhône (76), les Yvelines (59) et les Bouches-du-Rhône (58), d'après l'open data de l'Assurance maladie extrait le 20 juillet 2026. L'Île-de-France concentre à elle seule 36 % des effectifs nationaux.

Les médecins secteur 3 exercent-ils seulement dans les grandes villes ?

Non, et c'est le chiffre le plus contre-intuitif du dossier : selon un décompte du Sénat, 56,7 % des médecins non conventionnés exercent en zone sous-dotée. La concentration parisienne est réelle, mais le déconventionnement est aussi une réponse de médecins installés dans des territoires en tension, où la patientèle ne manque pas.

Combien y a-t-il de médecins non conventionnés en France ?

Entre 800 et 1 350 selon les sources : environ 800 selon un décompte du Sénat en 2025, 927 selon la CNAM en 2024, 1 126 selon la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026 et 1 347 selon le syndicat Médecins Secteur 3. L'open data de l'Annuaire santé de l'Assurance maladie en recense 1 321 au 20 juillet 2026, sur 1 798 professionnels de santé non conventionnés toutes professions confondues.

Ces chiffres sont-ils mis à jour ?

Oui. L'annuaire et la carte MonPS sont régénérés chaque mois à partir de l'open data de l'Annuaire santé de l'Assurance maladie (licence ouverte 2.0). Un médecin qui se conventionne ou se déconventionne apparaît ou disparaît de la source officielle, puis de nos décomptes à la mise à jour suivante.

Vous cherchez un praticien qui prend le temps ? MonPS prépare la première plateforme dédiée aux professionnels de santé non conventionnés : honoraires transparents, consultations longues, rendez-vous rapides.

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