Combien de médecins non conventionnés en France ? Chiffres 2026

La France compte entre 800 et 1 350 médecins non conventionnés (secteur 3) selon les sources : environ 800 d'après le Sénat en 2025, 927 selon la CNAM en 2024, 1 126 selon la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026 et 1 347 selon le syndicat Médecins Secteur 3. Soit moins de 1 % des quelque 108 000 médecins libéraux, mais un effectif en croissance régulière depuis 2021, et 56,7 % de ces praticiens exercent en zone sous-dotée.
Cette page rassemble les chiffres publics disponibles sur le déconventionnement médical en France, chacun daté et sourcé. Elle est mise à jour au fil des publications officielles. Pour le cadre juridique, voir notre rappel des différences entre secteur 1, secteur 2 et secteur 3.
Combien de médecins secteur 3 y a-t-il aujourd'hui ?
Entre 800 et 1 350, selon la source et la date de comptage : il n'existe aucun tableau de bord officiel unique du déconventionnement. Les quatre références publiques disponibles, de la plus basse à la plus haute :
- environ 800 médecins non conventionnés, selon un décompte cité au Sénat en 2025 ;
- 927 médecins, selon les données de la CNAM pour 2024 ;
- 1 126 médecins, selon la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026 ;
- 1 347 médecins, selon le recensement du syndicat Médecins Secteur 3.
Dans tous les cas, le secteur 3 reste très minoritaire : moins de 1 % des quelque 108 000 médecins libéraux français. Le régime qui s'applique à ces praticiens (honoraires libres, remboursement des consultations au tarif d'autorité de 0,61 € pour un généraliste) est détaillé dans notre article sur le remboursement des médecins non conventionnés.
La situation statistique s'améliore toutefois : depuis le 25 septembre 2025, l'Assurance maladie publie sur data.ameli, dans le cadre de son Observatoire de l'accès aux soins lancé en open data, un jeu de données sur les effectifs de professionnels de santé libéraux par secteur conventionnel, décliné par département et par région. C'est aujourd'hui la meilleure porte d'entrée pour suivre l'évolution du non-conventionnement territoire par territoire.
Pourquoi de tels écarts ? D'abord une question d'outillage : d'après l'analyse publiée par la FMF en janvier 2024, les séries statistiques publiques de la CNAM s'arrêtaient alors à 2021, obligeant observateurs et syndicats à compter eux-mêmes dans l'annuaire ameli. Ensuite une question de rythme : quand un effectif croît vite, deux relevés espacés de quelques mois divergent mécaniquement. La fourchette est donc plus honnête que n'importe quel chiffre unique.
Un repère complémentaire, daté : en mars 2024, un comptage du média professionnel Egora dans l'annuaire ameli recensait déjà plus de 1 000 médecins déconventionnés, dont 953 généralistes. La médecine générale est, de très loin, la première spécialité concernée. Viennent ensuite, selon ce même comptage : la chirurgie plastique (121 praticiens), la psychiatrie (66), la dermatologie (49) et l'ophtalmologie (39).
Chez les autres professions de santé, le phénomène reste marginal : pour les infirmières libérales hors convention, il est estimé à moins de 0,5 % par les acteurs du secteur, sans statistique officielle publiée.
Où exercent les médecins non conventionnés ?
Majoritairement dans les territoires en tension : 56,7 % des médecins secteur 3 exercent en zone sous-dotée, selon les données citées dans la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026. La zone sous-dotée désigne les territoires où les agences régionales de santé jugent l'offre de soins insuffisante.
Ce chiffre contredit l'image d'un exercice hors convention concentré dans les centres-villes aisés. Plus d'un médecin secteur 3 sur deux exerce là où les médecins manquent, et le syndicat Médecins Secteur 3 avance par ailleurs que 88 % d'entre eux ont une activité exclusive de soins primaires. La FMF notait dès janvier 2024 que le mouvement touchait « une très grande majorité des départements français » : une dynamique nationale, pas un épiphénomène parisien.
Côté patients, l'ordre de grandeur est documenté : environ 1,1 million de personnes consultent des médecins non conventionnés, toujours selon la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026. Pour localiser concrètement ces praticiens, notre guide explique comment trouver un médecin secteur 3 près de chez soi via l'annuaire ameli et le filtre par secteur de Doctolib.
Pourquoi le mouvement accélère-t-il ?
Parce que les intentions de sortie de convention progressent nettement chez les médecins, en particulier les plus jeunes. L'enquête du syndicat Jeunes Médecins menée du 2 au 5 novembre 2025 auprès d'environ 1 900 répondants (non représentative, mais rare sur ce sujet) donne la mesure du malaise :
- 28 % des répondants envisagent le déconventionnement ;
- 25 % envisagent de quitter la profession ;
- 39,5 % envisagent de changer de mode d'exercice.
La trajectoire passée confirme la tendance : l'analyse de la FMF de janvier 2024 identifie un point d'inflexion en 2021, avec une hausse d'environ 70 % du nombre de déconventionnements cette année-là, suivie d'une croissance décrite comme « très régulière » et qui « ne se ralentit absolument pas ». La même analyse rapportait plus de 3 200 lettres d'intention de déconventionnement recueillies par l'UFML : des intentions, pas des passages à l'acte, mais un signal d'ampleur inédite.
Les motivations documentées côté praticiens relèvent moins de l'argent que des conditions d'exercice : recherche de temps médical, liberté d'organisation, allègement administratif. Pour comprendre ce que le passage en secteur 3 change concrètement (démarches, revenus, cotisations), voir notre mode d'emploi du déconventionnement, l'analyse de son impact financier et ses conséquences sur la retraite CARMF et l'ASV.
Que va changer 2027 ?
Le 1er janvier 2027 marque la première inflexion réglementaire majeure depuis des décennies : l'article 76 de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) met fin au remboursement des prescriptions des médecins non conventionnés (médicaments, examens, kinésithérapie, transports). Jusqu'au 31 décembre 2026, ces prescriptions restent remboursées normalement.
L'enjeu financier pour les patients est concret, car les prix des médicaments remboursables sont fixés réglementairement par le CEPS quel que soit le prescripteur : 2,09 € la boîte de paracétamol 1 g, 5,11 à 5,14 € la cure d'amoxicilline 1 g, 2,16 à 4,60 € l'oméprazole selon le conditionnement. Des montants modestes à l'unité, mais qui, cumulés à la biologie, à l'imagerie et à la kinésithérapie, pèseront sur les quelque 1,1 million de patients concernés. À noter, dans le même mouvement budgétaire : le projet de doublement des franchises médicales, un temps envisagé, a été abandonné par le gouvernement le 5 décembre 2025. La franchise reste donc à 1 € par boîte de médicament, plafonnée à 50 € par an.
L'effet sur la démographie du secteur 3 est la grande inconnue des prochaines séries statistiques. Deux scénarios s'opposent : un coup de frein aux déconventionnements, l'exercice hors convention devenant moins soutenable pour les activités prescriptrices ; ou une recomposition, le secteur 3 se concentrant sur les exercices peu prescripteurs comme la prévention, la santé mentale ou le second avis. Les données côté patients sont analysées dans notre article sur la fin du remboursement des ordonnances en 2027, et les stratégies côté praticiens dans notre dossier « Déremboursement 2027 : faut-il renoncer au secteur 3 ? ».
Les chiffres de cette page seront actualisés à mesure que la CNAM, le Sénat ou les syndicats publieront de nouvelles données, notamment les premiers effectifs post-réforme, attendus courant 2027.
MonPS, première plateforme française dédiée aux professionnels de santé non conventionnés, documentera cette évolution au fil de son déploiement. Praticiens, l'espace praticiens MonPS présente le projet et le référencement à l'ouverture ; patients, notre guide pour trouver un médecin secteur 3 recense les outils déjà disponibles.
Questions fréquentes
Combien de médecins non conventionnés compte la France en 2026 ?
Entre 800 et 1 350 selon les sources : environ 800 d'après un décompte cité au Sénat en 2025, 927 selon la CNAM en 2024, 1 126 selon la question sénatoriale n° 08868 de mai 2026 et 1 347 selon le syndicat Médecins Secteur 3. Cela représente moins de 1 % des quelque 108 000 médecins libéraux. Les écarts tiennent aux méthodes et aux dates de comptage.
Pourquoi les chiffres du déconventionnement varient-ils autant selon les sources ?
Parce qu'il n'existe pas de tableau de bord officiel unique : les données publiques de la CNAM s'arrêtaient à 2021 selon l'analyse de la FMF de janvier 2024, et les comptages récents reposent sur l'annuaire ameli ou sur les recensements syndicaux. Chaque méthode a ses délais de mise à jour et son périmètre. La croissance rapide du mouvement accentue mécaniquement les écarts entre deux dates de relevé.
Quelles spécialités se déconventionnent le plus ?
La médecine générale domine très largement : 953 généralistes déconventionnés selon un comptage d'Egora dans l'annuaire ameli en mars 2024. Suivent la chirurgie plastique (121), la psychiatrie (66), la dermatologie (49) et l'ophtalmologie (39). Chez les infirmières libérales, le phénomène reste marginal : estimé à moins de 0,5 % par les acteurs du secteur, sans statistique officielle publiée.
Le nombre de médecins secteur 3 va-t-il continuer d'augmenter ?
Les intentions déclarées le suggèrent : dans une enquête du syndicat Jeunes Médecins menée du 2 au 5 novembre 2025 auprès d'environ 1 900 répondants (non représentative), 28 % envisagent le déconventionnement et 39,5 % un changement de mode d'exercice. Mais l'article 76 de la LFSS 2026, qui met fin au remboursement des prescriptions secteur 3 au 1er janvier 2027, pourrait freiner les passages à l'acte. Les chiffres 2027 seront le premier vrai test.
Vous cherchez un praticien qui prend le temps ? MonPS prépare la première plateforme dédiée aux professionnels de santé non conventionnés : honoraires transparents, consultations longues, rendez-vous rapides.
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